Hier, mardi, jour de marche avec les copines de l'école... Le programme était compromis pour moi en raison de ma Chouinette-main-blessée à la maison pour cause de pansement à refaire... et parce que son institutrice trouvait délicat qu'elle reste à l'école sans pouvoir écrire.
Le matin, Fr. me téléphone : "oh si, tu viens, tu n'as qu'à l'emmener ! Sa main ne l'empêche pas de marcher ! Allez, viens... je te rappelle ce midi !". Il faut que je vous dise que Fr. a un grand pouvoir de persuasion et que comme elle est gentille, il est presque impossible de lui résister ! A ce moment-là, j'étais plutôt partie pour rester chez moi avec Chouinette et Crapouillot, au calme, bricolage pour l'une et sieste pour l'autre...
Et puis, comme je mène une vie trépidente et pleine de rebondissements
, mon programme a changé. D'abord, Chouinette a décrété qu'elle voulait aller à l'école l'après-midi (allez comprendre... parfois elle pleurniche le midi pour rester faire la sieste comme son frère ou en s'inventant une maladie, et là qu'elle a la possibilité de rester, elle aller rejoindre ses copines !!! ). Ensuite, mon amoureux, qui ne devait rentrer du boulot qu'en fin d'après-midi, a pu se libérer dès le midi ! "Va donc te balader avec tes copines, m'a-t-il dit, ça va te faire du bien, je vais garder Crapouillot avec moi!"... Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde !
J'arrive donc au rendez-vous à l'heure prévue. La godiche et S. sont déjà là. Fr. arrive juste après... et nous voilà parties, équipe de filles dans une voiture... Autant dire que les muscles de la bouche ont commencé à fonctionner dès le trajet. "Blablabla, et patati, et patata, et tu ne sais pas la dernière ?" Un peu cliché, mais on adore ça !
Fr. nous emmène à un petit étang dans une commune pas très loin de chez nous. Nous nous garons devant une belle maison en pierre, volets bleus et truffée de coquelicots. Un petit vent frais nous entoure délicieusement. Un calme olympien et un ciel bleu à n'en plus finir ! Devant nous, un étang tout calme et presque personne autour ! Même pas de pêcheurs, ou alors un ou deux!

Nous marchons, rigolons... Nous parlons même de blogs ! La godiche me chante comme promis des titres des Avions ("la nuit est belle, elle est sauva-a-ge, la nuit est chaude, etc"... merci, d'ailleurs, depuis, parce que j'ai l'air dans la tête !) sous l'oeil dubitatif de Fr. et S. ! Bref, ça cause, ça rigole... Y a de la joie !
Soudain, Fr. se met en arrêt et nous dit avec un sourire amusé ! "Tiens, et si on mettait nos pieds dans l'eau ?"... La godiche et S. protestent vivement tandis que Fr. s'avance dans l'eau claire... "Oh les filles, allez, c'est trop bon !"... Bon, d'accord, je m'aventure aussi ! Baskets à la main, je suis Fr. et je constate que l'eau est bonne... mais bon, il y a un peu de vase ! Trop tard, jy suis ! La vase nous passe entre les doigts de pied... J'espère juste qu'il n'y a pas de bestiole dessous ! Fr. s'extasie toujours ! Pendant ce temps, La godiche s'émerveille davant des feuilles de menthe sauvage et explique à S. comment elle va se faire un thé !
Nous continuons donc ainsi, l'équipe terrestre d'un côté, et nous, l'équipe marine... eh, mais vous allez vite les filles ! Les voilà en face de nous, après un petit virage. Quant à nous, nous rencontrons de plus en plus de cailloux et la berge se rétrécit... Je capitule ! Je sors de l'eau. Fr. entreprend de traverser le petit bras d'étang qui nous sépare... Elle retrousse donc son pantalon jusqu'aux genous... Un pas, deux pas... Mais ça glisse ! Evidemment, en face, S. et La godiche n'en peuvent plus de rigoler en imaginant, j'en suis sûre, le pire !!! Fr. persiste... trois pas ! Aaaahhhh ! Et finit pas rebrousser chemin. Trop risqué !
Ce qui est bien quand on enlève ses chaussures pour mettre ses pieds dans l'eau, c'est ce bien-être qu'on ressent au contact des éléments. Ce qui est moins bien quand on doit remettre ses chaussures, c'est qu'il faut remettre ses chaussettes avec les pieds mouillés (que dis-je ? Boueux!)... La godiche ne veut même pas nous prêter son pull ! Sympa ! Vraiment !
L'équipe marine rejoint l'équipe terrestre en se frayant un chemin entre les herbes folles et nous reprenons toutes les quatre notre route... Ce qui suit est nettement plus disjoncté, j'en conviens, mais il faut bien rappeler le contexte : un étang presque désert, la fatigue de fin d'année, le plaisir d'être ensemble, déjà une heure de rigolade, le soleil qui nous a peut-être un peu trop tapé sur la tête...
"Oh, ouais, des jeux !" dit l'une d'entre nous ! "Moi, j'adore les balançoires", dit La godiche... et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la voilà avec Fr. hissées toutes les deux sur une grosse balançoire en bois à faire un concours de tape-cul !!! Si, si, je vous jure ! S. et moi rigolons autant qu'elles... Changement d'équipe, nous partageons quelques belles crêpes, La godiche et moi, tandis que Fr. essaie le toboggan et que S. essaie l'autre balançoire... Le tout, avec de grands rires, des cris de joie et peut-être un petit grain quand même...

Allez savoir pourquoi, c'est ce moment que choisissent deux cyclistes pour passer devant nous alors que nous n'avons rencontré personne avant... Nous stoppons notre brouhaha... "Bonjour M'ssieur Dame", disons-nous ensemble avec notre plus beau sourire et un mouvement de la tête... Nous sommes quand même bien polies !
A peine ont-ils dépassé le virage que nous rigolons de plus belle !!! Je vous passe la suite, S. à la corde, La godiche au sommet de la cage à poules ("Je suis le roi du mononononde !!!!!"... Véridique !), Fr. à la balançoire et moi, à faire un mémorable cochon pendu...
Il est déjà l'heure de retourner vers la voiture... et au point de départ, à l'école de nos enfants... Et à cinq heures, nous sommes les mamans les plus sages du monde !
Alors, elle est pas belle, la vie ?
Pour N. qui aurait sans doute aimé être de la partie !