Florence et Hussein, pourquoi ?
Par Marie le mardi, mai 10 2005, 11:12 - Regards sur le monde... - Lien permanent
Je voulais faire un billet sur Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi, retenus en Irak pour avoir voulu faire leur travail, mais je n'ai pas trouvé les mots... J'emprunte donc ceux de François Morel, j'espère qu'il ne m'en voudra pas, parus dans Télérama n°2886:
"Ne plus dire que les usgers de la SNCF sont les otages des syndicats, que les syndicats sont les otages de la gauche, que la gauche est l'otage de ses contradictions. Ne plus dire que les artistes sont les otages des maisons de disque, que les maisons de disque sont les otages des grandes multinationales. Ne plus dire que la politique est l'otage de l'économie, que l'économie est l'otage des actionnaires.
Ne plus dire que l'Assemblée Nationale est l'otage du gouvernement, que le gouvernement est l'otage du patronat, que le patronat est l'otage de la Bourse. Ne plus dire que Sarkozy est l'otage de Chirac, que Chirac est l'otage de la droite, que la droite est l'otage de son conservatisme.
Ne plus dire que Montebourg est l'otage de Fabius, que Fabius est l'otage de Hollande, que Hollande est otage de son physique.
Ne plus dire que le cinéma est l'otage de la télévision, que la télévision est l'otage de l'Audimat, que l'Audimat est l'otage de la ménagère de moins de 50 ans, que tous les soirs vers 18 heures ma voisine est l'otage de Julien Lepers.
Ne plus dire que les rêves d'enfant sont les otages de la prudence.
Parce que, à force d'utiliser les mots à tort et à travers, on pourrait finir par accepter l'inacceptable, par supporter l'inacceptable.
Ne plus dire le mot "otage", jamais, sauf lorsque l'on parle de ceux à qui on a volé la liberté.
Florence Aubenas, Hussein Hanoun al-Saadi, je pense à vous."
J'aime aussi beaucoup la chanson écrite pour eux par Moustaki.
