Quand on a des enfants, on n'est pas à l'abri de petits tracas... Les pipis au lit, les dysfonctionnements alimentaires, les crises d'angoisse ou de colère... cela n'arrive pas que chez les autres ! Les enfants sont également sensibles aux changements : déménagement, naissance d'un frère ou d'une soeur, séparation des parents, décès d'un membre de la famille... voire même aux changements de l'extérieur : catastrophe naturelle, accident de la route, etc.

Qui peut se vanter d'être un parent parfait ? D'être totalement à l'écoute de son rejeton ? D'assumer ces tracasseries ? Pour moi, être un bon parent, c'est reconnaître déjà qu'on ne peut pas tout voir ni tout contrôler. C'est reconnaître qu'on peut se tromper, faire fausse route, passer à côté de choses importantes. C'est demander de l'aide quand son enfant en a besoin, même si ce n'est pas facile...

On peut être alors amené à consulter quelqu'un : psychologues, pédopsychiatres, orthophonistes (j'en profite pour faire un petit coucou à l'une d'entre eux... elle se reconnaîtra), psychomotriciens... Ce quelqu'un, quand le problème de l'enfant est dans la tête, peut être le psy... Comment expliquer alors à son enfant, mais aussi aux frères et soeurs en âge de comprendre qui est cette personne ? Ce n'est pas toujours simple quand on veut rassurer... Parfois on culpabilise déjà soi-même...

La dame du mercredi est un livre qui présente la psychothérapie d'une façon très discrète. Le psychothérapeute n'est justement jamais nommé clairement. Il s'appelle "la dame". Et le livre est une suite de négations pour la définir : elle n'est pas un docteur, pas une maîtresse, pas une copine, etc. C'est suffisamment explicite pour que l'enfant comprenne la base, et suffisamment flou pour que cela entraîne une discussion sur le rôle de cette personne.

Le lieu est également volontairement vague. On parle plus de l'itinéraire à prendre que du bureau, mais cela permet de mieux s'approprier cet espace quand on est concerné. On dit ce qu'on peut dire ou faire, et aussi qu'on peut choisir de ne rien dire ou de ne rien faire... On suit ainsi au fil du livre et des illustrations toutes simples et pourtant si colorées de Stéphane Girel les questionnements du petit garçon qui nous explique qui est "sa dame".

Les textes d'Anne-Sophie de Monsabert sont volontairement écrits de façon à engendrer une réflexion entre l'enfant et son parent. C'est ce qui est intéressant, d'ailleurs.

Edité dans la collection Jeunesse d'Autrement, La dame du mercredi est actuellement épuisé (je ne sais pas si une réédition est prévue) mais vous pourrez sans doute le trouver dans toutes les bonnes bibliothèques... Il est à proposer aux enfants à partir de 5-6 ans. Ce n'est pas une histoire, il est donc préférable que le petit lecteur soit concerné de près ou de loin...