Au bout du fil...
Par Marie le vendredi, juin 24 2005, 10:11 - La vie est un arc-en-ciel - Lien permanent
J'aime entendre ma soeur au bout du fil. J'adore sa voix très douce. Ou qui s'emballe quand elle est énervée. Je me sens bien quand elle rit. Je trouve ça chouette de la voir en même temps avec la webcam. Comme l'image est décalée par rapport au son, j'essaie de deviner la tête qu'elle va faire en fonction de ce qu'on se raconte. Elle arrive à savoir si je suis fatiguée ou si j'ai le moral dans les chaussettes. On se raconte des petites histoires de la vie quotidienne ou on parle de choses plus graves. C'est selon. Je sais qu'elle ne me juge pas et qu'elle m'écoute avant de se faire une idée. Et quand elle me donne son avis, j'ai envie d'en tenir compte, même si je ne lui avoue pas toujours.
J'ai été longtemps jalouse de cette petite perturbatrice de tranquilité : elle était aussi blonde que moi j'étais brune, souriait quand je boudais (même sur les photos !), avait toujours de plus beaux cadeaux que moi (ce qui était faux, bien sûr... je me souviens d'un tableau Velleda qu'elle avait reçu, alors que je n'avais qu'un vulgaire tableau pour craies !)... Et puis elle était gentille, ce qui m'énervait profondément : un jour, j'ai fait une grosse crise de jalousie parce qu'elle a offert à notre père MON livre des "Trois Petits Cochons" pour son anniversaire... mais en fait, c'est surtout parce que moi, je n'y avais pas pensé !
Les bons côtés ne manquaient pas et nous ne faisions pas que nous disputer. Quand je jouais à la maîtresse, elle était l'élève modèle. Quand on est une commandeuse, c'est bien de trouver quelqu'un à commander ! Et nous avons quand même passé des heures entières à construire des villes Playmobil, à jouer à la poupée...
L'adolescence a mis un fossé entre nous et comme je ne suis pas partie tard de la maison familiale, il y a un blanc dans ma tête. Mais c'était peut-être nécessaire.
A l'âge adulte, je la découvre autre... J'ai l'impression de la connaître depuis toujours et j'ai quand même toujours quelque chose à découvrir. J'aime la voir avec mes enfants (je souhaite à tous les vôtres une "Tata" aussi chouette !). J'aime dire qu'avec sa première paie, elle m'a offert un radio-cassette-CD tout neuf parce que j'étais seule avec ma fille et que je n'en avais pas. J'aime ses petites histoires. J'aime son amoureux. J'aime qu'elle ait réussi pas mal de choses que j'ai raté. J'aime l'entendre. J'aime la voir.
On peut se parler. On peut rien dire (euh... ça n'arrive pas très souvent). Je me sens bien. Je ne me pose pas de questions. Je suis moi-même.
Je suis fière d'avoir une soeur comme ma soeur.
Soeurette, je t'aime et tu me manques ! 
Commentaires
Qu'elle chance , je n'ai avec aucune des 4 des liens aussi fort . Dommage .Parcontre avec mon frere c'est l'osmose parfaite
Je ne sais pas si c'est l'entente parfaite mais je pense qu'il y a un vrai respect mutuel de nos vies...
je suis toute rouge!!!
merci et merci d'être là, d'être toi
(suite par mail)
Et voilà, j'imagine d'ici les deux filles en larme au bout du fil!
et on est même pas obligé de se moquer, magali.
la chouine n'est pas tombée du ciel.
(là j'aurai bien voulu mettre un petit bonhomme jaune qui rit mais je ne sais pas le faire!)
Je me moque pas gaby! Je sais bien que je serais pareille avec ma soeur!
Au final, je crois que c'est moi la plus gâtée, car j'ai vous deux en même temps!!
:) 
Gros bisous, petite Mumu !
Tu fais partie à mes yeux, de la même catégorie de personnes que ma soeur...
et moi, je suis très fière d'avoir deux filles comme vous, qui se respectent et s'aiment.
Ah bah, non si la maman s'y met je vais finir par pleurer!
Oh, non, alors !
J'ai bien aimé ta tendre romance au "bout du fil". Que d'émotion ! Que de vérités avouées et certainement pardonnées... Que cette complicité actuelle perdure tout au long des années à venir... Quand je vois celle qui règne entre ta mère et sa soeur, je me dis qu'il n'y a rien de plus beau... et que ça vaut la peine d'y "perdre" du temps...
Pourquoi, y "perdre" du temps ?! Qui a dit que le fait d'entretenir les rapports humains étaient une "perte de temps" ? Il n'y a pourtant rien de plus important...
Hélas notre société de consommation, nous fait parfois croire le contraire !