Texte écrit par Grand-Mère...

Hier, me voilà prise d'une frénésie de couture : des ourlets à arrondir, des épaules à reprendre, de la poitrine à ajuster... Je sollicite l'aide de Marie-Thé, ma voisine, pour faire l'essayage et le peaufinage. Je faufile à la main, en regardant le Tour de France d'un oeil, mon aiguille de l'autre.

Il est temps de piquer. Je monte à l'étage où se trouve ma machine. Pour l'ourlet de la première robe, c'est "impec'"... Changement de fil... Et là, brusquement, je ne peux remonter mon pied de biche ! J'essaie de le remonter en poussant comme une malade : rien ne bouge !

Et bien, ça y est, j'ai cassé ma machine !!! Et me voilà broyant du noir... A mon âge, je ne vais pas en racheter une autre ! Et pourtant, comment m'en passer ? Je ferai venir le réparateur. Ensuite j'aviserai !

Ce midi, une de mes filles (Tornado, pour les intimes ! ) est venue partager mon repas. Après le café, alors que je lui contais ma mésaventure, elle me dit : "allons voir ta machine !"...

Me voilà donc assise devant mon instrument. Nous lorgnons de tous les côtés... en supputant... Tout d'un coup, prise d'une pensée subite, je relève le levier : oh ! miracle ! tout va bien ! Je suis subjuguée, en me demandant quelle manoeuvre j'ai fait la veille... ou pas fait !

Du coup, je suis plongée dans un océan d'incertitudes et de doutes... ça arrive avec l'âge ! ;-)