Paris, c'est la France ?
Par Marie le jeudi, octobre 13 2005, 16:28 - Regards sur le monde... - Lien permanent
Mon amoureux regarde la météo sur France 2. Le présentateur, Patrice Drevet -que j'aime assez d'ailleurs- annonce que le temps va se dégrader dans l'après-midi... Mon amoureux jette un oeil par la fenêtre en faisant la moue : chez nous, il pleut des cordes depuis le matin...
C'est un peu agaçant d'entendre sans arrêt "Paris/la province"... et là, je parle de beaucoup d'autres émissions que celle-ci. Certains journalistes ou présentateurs ne doivent sans doute pas savoir qu'ils sont diffusés dans toutes les régions de France... "La province", je trouve que ça fait un peu bouseux.
Mais je ne vais pas en faire une montagne, hein !
Commentaires
En plus tu n'as même pas de montagne, et toc !!!!

Nous on a la montagne Ste Geneviève
Bon... 1 point pour toi ! Mais nous on a la mer pas loin ! Jaloux ?
Je comprends pas pourtant pas loin de chez nous il y a St jean de Monts! Donc la montagne doit pas être loin!
Et puis il y a une ville qui s'appelle "la montagne"!
A quelques kilomètres à peine on a la Mer de Sable à Ermenonville. Et puis on est en plein bassin parisien !!
Moi j'ai les Vosges. C'est bien aussi les Vosges.
J'aimais bien Drevet quand il était animateur pour djeun's. Par contre j'aimais moins son fils.
Peut-être que vous avez Paris-plage, mais à Nantes au moins il y a la vraie mer pas loin (celle qui fait planer un bon air sain et iodé sur la région et qui fournit plein de bons poissons frais idéaux pour la santé !). Et puis à Nantes les gens ne sont globalement pas aussi stressés qu'à Paris. Et toc !
Je comprends bien ce que tu ressens, Marie !!!
Pour la peine, je viens d'écrire un mail à France Television pour leur dire de faire attention à ce qu'ils disent, notamment à la météo, parce qu'ils oublient trop souvent combien les provinciaux sont susceptibles et complexés par leur condition !!
En même temps, vu que la Province n'existe que du côté de Paris, on peut pas en vouloir aux parisiens de parler de la province. Sinon, ça existerait plus comme mot. En province, personne dit j'habite en Province...
Ils ne me dérangent pas ces écarts de langage. Ca permet de localiser les parigots. Et de les épater. " Tu habites en Province, toi ? " . " ET toi, à Paris depuis longtemps ? " Et l'autre de se demander si il a grain de beauté ou autre qui aurait donné un indice.
Non, vraiment, laissons la province aux parisiens. Et gardons notre cambrousse, nous y sommes bien !!!
Je suis content de voir que nous sommes d'accord sur ce point Didier ! Moi aussi je trouve un peu fatiguant les parisiens qui pointent du doigt les provinciaux. Sans doute parce que j'habite depuis 5 ans en province, j'ai appris à apprécier les différences de ces non-parisiens, à accepter leur rudesse ou leur façon de parler si typique et amusante. Bien sûr, c'est rigolo au début parce qu'on se dit qu'un provincial c'est finalement comme un parisien d'il y a 20 ans, on a l'impression de se retrouver dans un film en noir et blanc, des fois on aimerait bien avoir les sous-titre à cause de leur accent, mais finalement, on finit toujours par les percevoir avec beaucoup de tendresse. Un peu, sans doute, comme un homo-sapiens regarde avec tendresse ses lointains cousins primates.
En tout cas, je suis comme toi, Didier, je suis bien content que la province existe, parce que c'est bon pour la bio-diversité. En plus, tu peux compter sur moi pour vous défendre si jamais en jour vous êtes menacés d'extinction.
Avant d'habiter à Paris, je ne saisissais pas ces références permanentes.

Maintenant que j'y vis, je comprends : nous sommes dans un microcosme, tout se passe ici et tout ce qui se fait à la télé se fait ici, la province est une donnée abstraite ; logique, les gens qui "font" la télé vivent ici...
Maintenant quand je regarde les infos, je reconnais les quartiers, quand je regarde les magazines culturels sur la cinquième le dimanche, je sais que l'expo visitée est à dix minutes de chez moi et je me dis, tiens, après la sieste de Circé on y va, ou : tiens il y a Paul Auster qui dédicace dans une heure à la FNAC des Champs Elysées, j'irais bien après le repas ou encore, tiens, un de mes profs de Lettres est réalisateur de cinoche, l'autre est un poète publié et respecté, Ken Loach passe faire coucou à la fac pour commenter un de ses films dans la salle en dessous de notre salle de prépa CAPES...
Bref, on a l'impression ultra confortable que tout est accessible, on vit plus vite, plus grand, plus fort et...moins longtemps, dans l'enervement, la précipitation et le manque de confort si on n'est pas pété de thunes, j'en ai déjà parlé dans certains billets d'humeur
J'aurai beaucoup de mal à quitter Paris, j'ai goûté à cette spirale géniale, en Province, je m'ennuie vite, enfin, dans MA province. Je veux une grande maison, donc on partira, mais je le vis déjà comme un deuil : Paris est si belle.
Je sais que c'est agaçant pour les provinciaux cette impression d'être inexistants mais quand on est de ce côté de la France, on trouve cela confortable.
Ben je ne dois vraiment pas être normale, môa, être traitée de provinciale ne me dérange pas, ne m'insulte pas... J'irais pas jusqu'à dire que j'en suis fière, quelle fierté en retirer ? Aucune. Mais je laisse dire.
Comme quoi, il y a pas pire parisien qu'un ancien provincial
(ça, c'était un clin d'oeil à chaanie)
En même temps c'est la meteo de Drevet, il faut aussi se fader les blagues ^^
J 'ai teste le retour dans ma province apres 4 ans passes a la capitale . C etait pathetique. D'un coup j'etais LE parisien. N importe quoi . J ai du remonter un an apres sans aucun regret. Je crois sincerement qu en IDF on te laisse vivre peinard d ou qu on vienne. Desole pour les accents !
Je pas eu le temps de tout lire et je m'excuse si qqun a deja dit cela
Depuis un bout de temps déjà je n'utilise plus le mot "province" et je le remplace par région
Why?
Les mots ont aussi un pouvoir politique
La "province" c'est éthymologiquement le "pays vaincu" "Pro vincae" des romains.
Quand ils colonisaient un peuple, ils transformaient le territoire de celui-ci en pays soumis à la loi de Rome! Provence est un reste de ceci.
Il y avait donc beaucoup de provinces romaines
Ce mot exprime avec force la domination d'un pouvoir central et en même temps un certain mépris qui continue de s'exercer de haut en bas! Et ce n'est pas pour rien que la royauté puis la république ont continué à l'employer.
Voilà!
Signé un Mammouth très régional!
eeeeeeeh oui "paris et le désert français"....
Merci Le Mammouth pour cette leçon de philologie!
En Alsace, tout ce qui sort de notre territoire c'est " l'interieur" et "province " n'est que tres peu ulisisé ici, sans doute par ce que le "pays" alsacien reste un territoire étranger pour beaucoup de parisiens !! hihi
Pour en terminer je te livre quelques réflexions.
...Evidemment que je préfèrerais vivre au pied des Pyrénées, mais ce ne sera pas possible avant très longtemps. Mais j'aime aussi ma vie ici, alors il n'y a pas le feu au lac.

Je ne crois pas qu'il y ait rivalité entre Paris et Province. Tu estimes peut-être qu'on en fait trop sur Paris, alors rappelle-toi, à part le plan historico-administro-culturel, qu'une personne sur six vivant en France vit en région parisienne, ça en fait du monde sur une si petite surface !
Mis à part cette appellation de "province" qui n'est pas péjorative je crois que c'est vous les chanceux. L'effort d'investissement par habitant vous est beaucoup plus profitable.
Je suis sûr qu'aucun d'entre vous n'échangerait ses conditions de vie contre celle des franciliens. Alors s'il vous plait laissez nous croire que Paris c'est la France !!
Et puis dans mon commentaire précédent j'ai un peu menti
Allez, sans rancune ?
Hé hé contrairement à Nico, je crois qu pouvoir des mots et de l'éducation. Le mot "province "porte une connotation péjorative : pays vaincu. Sinon, pourquoi l'avoir gardé?
Mais, je ne suis pas parano. Juste lucide. Ceci pour dire que la centralisation n'apporte pas que des méfaits car elle est unificatrice, à condition qu'elle apporte aussi l'équité et la justice sociales et politiques.
Ce qui n'a pas été toujours le cas! Loin de là!
purement passionnant la météo - comment des millions de gens peuvent ils s interesser à ça et ignorer les gros orages de l emploi, de la despiritualistaion des familles françaises !? arrétez de ne rien dire !
Sensibilis, c'est un gag ?
Non parce que tu sais, parler de la pluie et du beau est une activité sociale d'une grande noblesse, regarde, la Marquise de Sévigné a écrit des pages entières de correspondance en ne parlant que de la pluie et du beau temps... C'est tout un art que de parler de la pluie et du beau temps et ce n'est pas à la portée de tout le monde loin s'en faut ! De grands philosophes devisaient en parlant de la pluie et du beau temps. M'est avis que si Galilée n'avait pas scruté le ciel tout en parlant de la pluie et du beau temps, la terre ne tournerait pas aussi rond.
Enfin, laissons cela pour essayer de nous y retrouver dans la pensée touffue que tu nous livres par ailleurs.
"L'emploi" : Tu as quelque chose à nous dire sur le sujet ? Non, parce que si tu le souhaites, tu peux "arrêter de ne rien dire" (voilà un emploi correct de cette si poétique expression) et prendre ta plus belle plume pour écrire un billet sur le blog que tu pourrais ouvrir ; cela t'occuperait et nous permettrait de deviser en paix de choses toutes plus insignifiantes les unes que les autres.
"La despiritualisation" : quel joli mot ! Du pain béni pour un lexicographe. Mais je ne saisis pas vraiment le rapport entre le fait de se dégager de la matière ou entre l'interprétation allégorique ou mystique d'un texte, et les familles françaises.
A moins que tu ne penses que les familles françaises ne se dégagent plus assez de la matière et qu'on est de moins en moins nombreux à se livrer aux joies de la théologie ?
Si c'est cela, que veux-tu, tout se perd.
Mais peut-être voulais-tu dire que les familles françaises s'apauvrissaient sur le plan intellectuel ?
Sois rassuré, comme tu peux le constater, dans la mienne on sait utiliser la langue française correctement et l'on manie assez le dictionnaire pour éviter d'user de mots pompeux à mauvais escient.
Autre piste : peut-être voulais-tu parler de l'athéisme galopant de ce début de siècle ?
Chaanie, entre quelques activités dépourvues d'intérêt, je cherchais une réponse un tant soit peu spirituelle à faire à Sensibilis mais tu m'as pris de vitesse... haut la main ! Bravo, je suis admirative. J'aurais eu plus que du mal à faire aussi bien. Enfin, vraiment, tu n'es pas en Lettres pour rien...
Merci Virginie,
Il ne l'a pas volé le fieffé gredin.
En même temps, faut bien reconnaitre qu'il y a rien de plus soulant à la télé que la météo... Non pas que ça soit inintéressant, mais ça devrait pas prendre plus de 15 secondes, et ça devrait pas être un alibi pour nous infliger un Drevet et sa bonne humeur insupportable; sans compter les 10 minutes de pubs qui vont avec.
Sinon, sur la forme, je trouve pas ça très fair-play de ta part Chaanie, de te moquer de sensibilis. Ok, il a des problèmes d'expression, il s'exprime avec maladresse, mais peut-être que le français n'est pas sa langue maternelle ou qu'il a des problèmes psycho-moteurs. Si ça se trouve, ta réponse un brin méchante l'a profondément déspiritualisé...
Tu es d'un cynisme incroyablement sexuel, tu le sais Deadbeef ?
Moi, je ne tiens pas, en Province... Sauf quand y'a d'la meuf, sur la Côte d'Azur. Mais ... suis-je déjà parti sur la Côye d'Azur ?? Non .....................
Wouaouh !!!!! Je laisse un billet d'humeur sans grand intérêt pour moi et je reviens avec 26 commentaires à la clé ! Fichtre !
Mais finalement, le débat était plus intéressant que mes mots, qui se voulaient légers !
La vie est bizarre Marie ! Tu laisses un billet sur un sujet qui te parait important comme la malnutrition des enfants en Afrique ( lespetiteschoses.tooblog.... ) qui ne provoque que peu de commentaires, et d'autres plus légers enflamment les claviers.
Ce qui ne veut pas dire que le premier n'a pas marqué les esprits. Je l'ai lu et il m'a marqué.
Le sujet m'a marqué aussi... mais merci de cette précision, Nico ! Je suis contente que tu l'aies lu !