Il y a quelques jours, j'ai assisté à l'enterrement de mon grand-oncle. Je ne le voyais qu'épisodiquement mais je voulais m'y rendre pour ma grand-mère, pour certains des cousins de ma mère et de leurs enfants. Parce que ça se fait. Parce que je pouvais.

L'église était bondée. Je suis restée derrière car Crapouillot était avec moi. Il a été sage et silencieux. Avec ses voitures et ses livres. Essayant de parler avec les gens. Observant les vitraux ("ça Maman, c'est frazile ! Faut pas le casser !"... Oui, Crapouillot... mais avant que tu ne le casses, il y a de la marge, hein !). Cherchant des yeux ma mère et ma grand-mère assises devant.

Et puis, quand on y est et qu'on ne pense à rien (je ne suis pas croyante), on écoute, on regarde. Touchée par un des textes choisis par les enfants de mon grand-oncle. Religieux, bien entendu mais pouvant trouver de l'écho chez des personnes comme moi. Emue par la voix des enfants, ces 5 grands gaillards autour de 50 ans. Transportée par le chant du saxo d'un d'entre eux. Si beau. Des images qui sont revenus de l'enfance. Et un parallèle avec la mort de mon grand-père, il y a plus de 3 ans déjà.

J'étais arrivée sereine et le temps de la messe m'a cassée... Moment de la sortie de ce grand cercueil, poussé par tous les petits-fils, paressant tout d'un coup orphelins, tout petits... désemparés. Derrière ma mère et ma grand-mère, mes tantes et mes oncles aussi. Ma famille à moi. Des larmes qui montent, besoin de me retrouver avec eux parce que ma place est là.

La sortie de la messe. D'un côté Crapouillot ravi de retrouver des têtes connues. De l'autre, moi, et les cousins à embrasser. Certains qui sourient. Certains qui pleurent. Leur parler ? Ne rien dire ? Et puis la vie reprend son cours. On se dit :"tu vas bien ?" parce que pour certains, ça fait un moment que nous ne nous sommes pas vus. Comme si on se croisait par hasard.

Le cimetière et cette longue file de gens qui attendent pour dire un dernier adieu au grand-oncle. La main chaude de Grand-Mère qui m'emmène. Le coeur gros et les yeux rougis. Tout se mélange. La peine des autres, l'émotion des gens, la mort de notre grand-père à nous, et qui est quelque oart par là, à côté.

Le jardin du grand-oncle. Terrain de jeux épisodique de l'enfance. Je pense à mes cousins à moi. On boit du café. On discute. On parle des enfants qui ne sont pas venus. On rit aussi. Echanges avec mes tantes.

Dans les enterrements, quand ils sont prévisibles (je ne parle bien sûr pas des décès de personnes jeunes, ou des morts accidentelles), s'il y a bien une chose que j'aime, c'est de sentir d'où je viens parce que même si on se voit peu dans l'année, on sent que le coeur se resserre, que le cercle est là, qu'on vient du même moule. Qu'on ne fait plus qu'un. Et ça, ça fait chaud au coeur.