Chaud au coeur
Par Marie le jeudi, octobre 20 2005, 10:00 - La vie est un arc-en-ciel - Lien permanent
Il y a quelques jours, j'ai assisté à l'enterrement de mon grand-oncle. Je ne le voyais qu'épisodiquement mais je voulais m'y rendre pour ma grand-mère, pour certains des cousins de ma mère et de leurs enfants. Parce que ça se fait. Parce que je pouvais.
L'église était bondée. Je suis restée derrière car Crapouillot était avec moi. Il a été sage et silencieux. Avec ses voitures et ses livres. Essayant de parler avec les gens. Observant les vitraux ("ça Maman, c'est frazile ! Faut pas le casser !"... Oui, Crapouillot... mais avant que tu ne le casses, il y a de la marge, hein !). Cherchant des yeux ma mère et ma grand-mère assises devant.
Et puis, quand on y est et qu'on ne pense à rien (je ne suis pas croyante), on écoute, on regarde. Touchée par un des textes choisis par les enfants de mon grand-oncle. Religieux, bien entendu mais pouvant trouver de l'écho chez des personnes comme moi. Emue par la voix des enfants, ces 5 grands gaillards autour de 50 ans. Transportée par le chant du saxo d'un d'entre eux. Si beau. Des images qui sont revenus de l'enfance. Et un parallèle avec la mort de mon grand-père, il y a plus de 3 ans déjà.
J'étais arrivée sereine et le temps de la messe m'a cassée... Moment de la sortie de ce grand cercueil, poussé par tous les petits-fils, paressant tout d'un coup orphelins, tout petits... désemparés. Derrière ma mère et ma grand-mère, mes tantes et mes oncles aussi. Ma famille à moi. Des larmes qui montent, besoin de me retrouver avec eux parce que ma place est là.
La sortie de la messe. D'un côté Crapouillot ravi de retrouver des têtes connues. De l'autre, moi, et les cousins à embrasser. Certains qui sourient. Certains qui pleurent. Leur parler ? Ne rien dire ? Et puis la vie reprend son cours. On se dit :"tu vas bien ?" parce que pour certains, ça fait un moment que nous ne nous sommes pas vus. Comme si on se croisait par hasard.
Le cimetière et cette longue file de gens qui attendent pour dire un dernier adieu au grand-oncle. La main chaude de Grand-Mère qui m'emmène. Le coeur gros et les yeux rougis. Tout se mélange. La peine des autres, l'émotion des gens, la mort de notre grand-père à nous, et qui est quelque oart par là, à côté.
Le jardin du grand-oncle. Terrain de jeux épisodique de l'enfance. Je pense à mes cousins à moi. On boit du café. On discute. On parle des enfants qui ne sont pas venus. On rit aussi. Echanges avec mes tantes.
Dans les enterrements, quand ils sont prévisibles (je ne parle bien sûr pas des décès de personnes jeunes, ou des morts accidentelles), s'il y a bien une chose que j'aime, c'est de sentir d'où je viens parce que même si on se voit peu dans l'année, on sent que le coeur se resserre, que le cercle est là, qu'on vient du même moule. Qu'on ne fait plus qu'un. Et ça, ça fait chaud au coeur.
Commentaires
Je suis désolée pour ton grand oncle, je ne savais pas.
J'ai eu beaucoup de chagrin à la mort du mien et j'y pense encore.
Disons qu'il était assez âgé (plus de 80 ans) et qu'il a eu une belle vie... Et puis c'est plus l'émotion dégagée de toute part qui m'a secouée...
C'est vrai que lorsqu'il s'agit du départ d'un ancien, on y est préparé ... et que souvent quand on se retrouve après l'enterrement, ça devient une réunion de famille où on se rappelle les bons souvenirs ... et je crois que c'est bien, que c'est ce que souhaiterait celui qui part ... qu'on se retrouve autour de lui, en harmonie ... il n'y a pas à mes yeux de plus bel hommage que de lui montrer qu'un bout de lui demeure pour toujours à travers une famille ...
Je me retrouve bien dans tes mots, Maryne...
Ce que je trouve triste c'est les réunions de famille qui ne se font qu'en cas de décès... Qu'il faille des occasions aussi tristes pour se retrouver, c'est sans qualificatif. Et ça arrive plus qu'on ne croit !
Ceci dit, je compatis à ton chagrin...
Oh on a l'habitude de se retrouver plus souvent que ça !
Toutes mes condoléances, Marie. Bien que n'ayant pas eu à traverser ce genre d'épreuve, mes grands-parents chéris sont très vieux et je crains tous les jours le moment où je vais me retrouver dans cette situation. Par contre, comme chez nous c'est une famille ou quasiment tout le monde déteste tout le monde, je sais bien que la veillée funèbre risque d'être fort de tenir moins du recueillement que du crêpage de chignons (ce qui serait ignoble mais risque malheureusement d'être quand même...).
Ce que je voulais dire, c'est que tu as de la chance d'appartenir à une vraie famille, dans laquelle les gens s'aiment et sont solidaires.
Je crois que tu as parfaitement compris ce que je voulais justement dire, Virginie !
Gros bisous Marie
Ouaip, gros bisous, c'est ce que j'ai de mieux à te dire
Je suis désolé Marie, on est tous avec toi dans ton épreuve !!! GROS BIZZZZZZZZOUS !!!!
Je te comprends, Marie. Je crois d'ailleurs que ce qui est bien aussi, dans ces moments là, c'est de savoir que plein de gens ont été là. C'est comme un hommage. Pour le défunt, sa vie, c'est important de sentir ça, de voir ça, de se retrouver au milieu de tous ces gens qui disent ce qu'était une vie.
Je m'étais fait la remarque lors des obsèques de mon grand-père. Plein de gens étaient venus. Ca m'avait fait plaisir. Ca m'avait fait du bien. Pour lui. .
Pour la Révolution, c'est à quelle heure? Non, parce que j'ai mon cours d'espagnol à 11h mais après je fais rien!
Tu prends des cours d'espagnol ? Cela explique tes commentaires dans cette langue, alors ?
Il y a deux ans, je perdais coup sur coup en moins d'un mois deux de mes tantes : l'une de façon très abrupte et l'autre vaincue, après une longue lutte, par un cancer.
L'occasion de deux enterrements au sein d'une famille que je vois peu mais que j'aime infiniment. Douce et terrible amertume, et comme tu le dis, certitude absolue et primitive de savoir d'où l'on vient, que l'on fait partie d'un tout.